A VOUS QUI ME LISEZ, JE VOUS SOUHAITE TOUT CE QUE VOUS SOUHAITEZ POUR CETTE ANNÉE 2015...EN MIEUX !!!!!!! Bonne et heureuse année
Liberté Égalité Fraternité Laïcité
Certes la tragédie des journalistes assassinés lors de la fusillade dans les locaux du journal Charlie Hebdo nous fait horreur et fait réagir et c'est heureux, l'ensemble de la population.Toutefois à la suite de ces événements , assassinat de policiers puis tuerie de Vincennes ,la laïcité apparaît de plus en plus comme la panacée, radicale et salutaire, face à la montée du communautarisme et à la menace réelle et sérieuse de division du pays.
Faut-il donc revenir à la laïcité, dirigée cette fois contre l‘islam, ou garder, sans naïveté, en l’aménageant, la souplesse actuelle du modèle laïque français, unique au monde ?
Liberté, égalité, fraternité, laïcité, a-t-on entendu dimanche 11 janvier dans les rues de Paris et partout en France .Il y a longtemps déjà que les militants de la laïcité réclament que le mot soit adjoint à la devise nationale et de plus en plus d’élus locaux demandent à l’inscrire sur le fronton de leurs mairies.
Cette proposition semble promise à un nouvel avenir après le traumatisme qui vient de s’emparer du pays à propos de son rapport avec les religions.
Le mot laïcité figure dans notre Constitution depuis 1946.
Nous sommes le seul pays de l’Union européenne –avec le Portugal– à l’avoir inscrit dans sa charte fondamentale, faisant du modèle français de relations avec les religions une sorte d’exception nationale.
La laïcité est de nouveau évoquée récemment à propos des crèches dans l’espace public.
Longtemps identifiée à la lutte contre les curés et à la loi de 1905 qui sépare les Églises et l’État , la laïcité revient dans tous les débats qui ont lieu dans les médias .
Dans une société devenue multiculturelle, elle apparaît de plus en plus comme la réponse à la montée du communautarisme voir du corporatisme.
C’est si vrai que le risque est de faire de la laïcité une panacée face à la montée de l’islam extrémiste, à la radicalisation d’une partie de la communauté musulmane, à la menace d’attaques terroristes est d’en faire un objet de récupération politique.
Longtemps fleuron de toute la gauche , la laïcité est devenue la bannière de toute la classe politique, extrême et conservatrice, au nom d’un combat contre l’islam .
Faut il revenir sur la laïcité ?
En faire un légitime rempart contre les dérives de l’intégrisme ? Revenir à cette conception «étroite» de la laïcité qui cantonne strictement le religieux à la sphère privée et fait semblant d’ignorer le fait religieux ?
Le retour de cette «laïcité de combat», dirigée non plus contre l’Église catholique réactionnaire mais contre l’islam intégriste, supposerait la fin de toute concession: dans la construction de salles de prières et de mosquées ,dans les cantines scolaires où l’on distribue de plus en plus des plats halal; dans les piscines où sont tolérées des plages horaires réservées aux femmes musulmanes; dans les hôpitaux où se produisent abusivement des refus de médecins hommes pour soigner des femmes musulmanes; dans les universités où il est de moins en moins rare de voir des foulards islamiques.
Aujourd’hui nous allons vers une restriction plus grande des droits religieux, aux dépens d’une communauté musulmane, première victime de ses éléments radicaux, qui ne réclame rien d’autre que de pratiquer simplement sa religion.
Des relations apaisées avec les religions
C’est cette laïcité pacifiée qu’il faut aujourd’hui préserver, elle exige que «la République assure la liberté de conscience et garantisse la liberté des cultes» (article 1 de la loi de 1905), mais que «la République ne reconnaisse, ne salarie, ne subventionne aucun culte» (article 2).
L’État doit rester à l’abri des empiètements de la religion. De son côté, la religion s’interdit de mordre sur l’espace public, mais bénéficie en retour d’accommodements de l’État.
Par exemple, le patrimoine des lieux de culte construit avant 1905 est entretenu par l’État et les collectivités locales. C’est le ministère de l’Intérieur qui a en charge les questions liées à la gestion et à la sécurité des cultes. Des aumôneries, dans les prisons, les hôpitaux, les lycées, les casernes, sont (en partie) financées par l’argent public. Les émissions religieuses du dimanche matin sur les chaînes publiques de télévision et les réductions d’impôts, liées aux dons à des organismes religieux, témoignent aussi de la souplesse du système.
Régler sans naïveté les défis de l'islam
Cette souplesse doit être sauvegardée, sans tomber dans la naïveté, ni dans la soumission à la situation existante qui n’est pas satisfaisant, qui répond mal à la montée des radicalismes, à la question du rapport de l’islam avec cette «laïcité à la française» qui lui est étrangère parce qu’elle a été ébauchée en 1905, à une époque où l’islam n’était pas encore présent sur le sol national.
Au prix de débats interminables, la France a réglementé l’usage du voile islamique dans l’espace scolaire (loi 2004). Elle a interdit l’usage de la burqa, symbole de la montée du salafisme (octobre 2011). Mais aujourd’hui, l’absence de formation théologique pour des imams recrutés en France et parlant français fait qu'ils ne sont plus capables de jouer leur rôle d'encadrement religieux.
De même, des dispositions nouvelles doivent être trouvées et votées au parlement, face aux revendications nouvelles pour imposer toujours plus dans les cantines publiques la nourriture confessionnelle; face au refus de la mixité dans les piscines municipales; face aux demandes de restrictions imposées à certains types d’enseignement (gymnastique, biologie); face aux manquements à l’assiduité scolaire en raison des fêtes religieuses.
Pour contrer l’infiltration extrémiste, la question des aumôniers musulmans dans les prisons devient aussi cruciale. Le Conseil français du culte musulman, créé en 2004 en partie grâce à Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, ne remplit plus son rôle.
Le contexte politique va évoluer en raison des derniers événements. Il risque de donner lieu, chez les extrêmes, à une exploitation toujours plus grande des peurs de l’islam et du communautarisme musulman. Mais cette instrumentalisation est contraire à la volonté de tous d’aider l’islam de France à se conformer aux lois de la République Française et de la démocratie et à une pratique équilibrée , emprunte d'humanisme et de justice de la laïcité.
Lebonsens CJ