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À chaque fin d'année, j'ai l'angoisse de ces rassemblements en famille.Avez vous remarqué que les histoires de famille qui finassent mal ont presque toujours leurs origines lors du repas de Noël
Celui qui a écrit le scénario de ce mauvais film " Fêtes de Noël"est un imposteur !!!
Et puis maintenant que je suis un peu plus ,grand ou et vieux c'est selon, je voudrais juste échapper à ce rituel.
La statistique suffit à me déprimer: selon une étude Ipsos réalisée en 2014 (à mon avis toujours valable pour 2015), 39% des Français craignent de s'engueuler au repas de Noël.
C'est comme si s'écharper à Noël faisait partie du rituel,comme si, entre la bûche, le champagne toujours excellent et les chocolats « Rocher », il fallait encore un élément pour que se retrouver en famille devienne un pugilat qui ne prendra jamais fin ...
«Il y a déjà un contexte de la société qui survalorise cette fête. Elle continue à garder un côté un peu sacré. Et elle symbolise la fête de l'espoir, de la générosité, de la joie. D'où les déceptions encore plus grandes. A cause de la crise que nous traversons, la famille a repris son importance, on a envie de se serrer les coudes, de retrouver ceux qu’on ne voit pas le reste de l’année, de se mettre à jour des événements survenus, morts, naissances…» note la psychothérapeute Maryse Vaillant
J’ai le sentiment que cette fête, en réalité, pour ceux qui s'y adonnent encore joyeusement, c'est avant tout l'obligation de jouer un rôle, de mettre un costume et de jouer un rôle qui plaît à ceux avec lesquels on passera la soirée, que l'on soit six ou que l'on soit trente, peu importe la fin du film est connu de tous.
«Pour que les choses se passent bien dans la famille, quelque part, il faut jouer effectivement le rôle qu'on nous assigne et il faut être un peu celui ou celle qu'on nous demande d'être. Ce qui atténue les oppositions. Pour être à l'aise soi-même avec cela, il faut avoir beaucoup d'humour et accepter avec le sourire de jouer un rôle qui ne nous convient pas toujours tout à fait.» dixit une psy…
Noël est donc le moment idéal pour célébrer l'hypocrisie qui est à la base de toute société. Car convenons ensemble que si chacun prenait le pari de ne plus jamais mentir, ce serait un sacré bordel.
«On peut toujours essayer de montrer qui on est. Le problème est que chaque membre de la famille nous regarde à travers ses propres projections, ses propres attentes, et que l'on se trouve au croisement de tous ces regards, quelquefois opposés. Donc même si on est "le bon fils de sa mère", on risque de ne pas être le bon fils "de son père,"" le bon frère de sa sœur,"" le bon neveu de sa tante." Dans une famille, les attentes sont complexes, contradictoires, inconscientes, lourdes, ce qui fait qu'on ne pourra jamais ni satisfaire tout le monde ni être reconnu totalement pour ce qu'on est. » ajoute la psychothérapeute Nicole Prieur dans une de ses chroniques du Monde parue en 2009.
Pour ceux qui, comme moi, sont «natalophobes» (ils ont peur de Noël, ou plutôt détestent cette fête), tout commence dès le début du mois de novembre. Le temps s'épaissit. Les nuages apparaissent. C'est le début d'un long tunnel qui ne s'achèvera qu'au début de l’année suivante, avec comme point d'orgue, au milieu de cet enfer, je vous le donne en mille : NOËL
Noël pour moi, c’ est la caricature de tout ce qui est détestable dans la famille, comme un mauvais scénario de film , un huis-clos où l'enfer, c'est les autres:
«Le déroulement d’une journée de Noël ressemble à une vraie pièce de théâtre, et même un huis-clos oppressant», détaille Gérard Pavy, psychologue clinicien spécialisé dans les relations: «Tout le monde passe une longue journée ensemble, avec chacun son rôle bien défini. Le décor est très soigné et dès qu’on sort de la mise en scène prévue, cela peut tourner à la catastrophe.»
Dans un monde où le sacré a disparu, Noël est une sorte de retour du refoulé. Un moment que chacun imagine parfait, que chacun prépare, avec pour objectif de faire plaisir à tout prix . Une symbiose religieuse mais laïque.
En fait, ça ressemble quand même à un truc totalitaire Noël. On rembobine le passé, on parle de son présent, on fait des plans sur l'avenir. Et toute la famille, réunie dans la tradition, se fait témoin de ce tribunal des passions.
Noël vous ensevelit sous les bons sentiments louches et les cadeaux ,pour certains ,déplacés à remplacer très vite
Le pire, c'est que je vais jouer le jeu, comme tout le monde.
JOYEUX NOËL
CJ Lebonsens