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Ci aprés le texte intégrale paru sur slater.fr
AMELIE , jeune enseignante qui fait suite à la reforme du Ministre CHATEL celle de l'évaluation des profs par le chef d'établissement
«Je suis en colère mais je suis aussi blessée.
Encore une réforme qui pour beaucoup peut être anecdotique, voire légitime, celle de l’évaluation des profs par le chef d’établissement lors d’entretiens individuels. L’ancien système, quoique
perfectible, limite le népotisme au sein d’un établissement scolaire et permet d’affirmer encore une certaine liberté devant son chef pour organiser des actions collectives face à des lois
injustes.
Il est toujours plus aisé de faire grève lors de suppression des postes ou de disparition d’heures d’enseignement lorsque notre chef ne nous note pas ou de faire part à ce même chef de
dysfonctionnements au sein de l’établissement quand, là encore, il ne nous note pas. Ce projet de réforme traduit une volonté plus sournoise, celle de réduire la liberté d’expression et d’action
de chacun.
Pourquoi faire part de mon malaise maintenant?
C’est surtout parce que j’ai l’impression que l'alignement de l’évaluation sur le privé symbolise et atteste la fin définitive de l’Ecole pour laquelle je me bats au quotidien: une Ecole publique
destinée à offrir un enseignement de qualité et une large culture quel que soit le milieu social de l'élève, une Ecole destinée à gommer les inégalités si criantes, une Ecole destinée à faire de
chaque élève un citoyen conscient du monde dans lequel il vit, une Ecole destinée à aider l'élève pour choisir son avenir, à être maître de ce dernier.
Or une Ecole où le chef d’établissement nous évalue, c’est la proclamation d’une Ecole bling-bling. Evidemment, pas une Ecole bling-bling au sens où l’argent coulerait à flou. Le bling-bling
éducatif, c’est celui qui mise davantage sur le paraître, les «actions pédagogiques» aux finalités souvent floues.
Un système qui met les profs en concurrence pour créer le plus de «projets». Et c’est déjà malheureusement un peu le cas. A titre d’exemple, notre chef d’établissement se félicite – pour sa
carrière – que l’année dernière le collège ait proposé 127 projets. Parmi ces 127 projets, il y en a quelques-uns qui aident réellement les élèves mais il y a aussi beaucoup de paillettes. Il est
désormais mieux vu de sortir les élèves que de faire cours.
Or, au risque de paraître réactionnaire, le plus important pour moi demeure la transmission du savoir et des connaissances pour tous mes élèves. Et il y a de quoi se décourager quand ils sont 25
élèves par classe avec une majorité qui accumule de lourdes difficultés scolaires.
L’autre jour, mon frère passait chez moi. Il regarde par curiosité mes copies de cinquième et me demande alors si c’est un choix stylistique de la part de mes élèves que d’écrire des phrases
obscures sans ponctuation dont les mots manquent et/ou ne sont pas placés dans le bon ordre. Non, ce n’est pas normal mais c’est mon quotidien - à 5,6 de moyenne dans deux de mes trois
cinquièmes. Et mes autres classes ne font pas beaucoup mieux.
Que faire alors quand les moyens financiers nous manquent? Rien de réellement efficace. A la fin de ma semaine, il ne reste qu’un sentiment d’échec.
Vendredi, j’ai reçu la mère de Rachid, de 5e, qui a de lourdes difficultés scolaires. La mère n’est pas allé à l’école et comprend mal le français, le père passe sa vie au travail, elle ne sait
pas comment faire travailler son fils. Et moi, je n’ai même pas pu lui proposer des heures d’aide aux devoirs car, à cause des suppressions de moyens, il n’est possible d’aider que les sixièmes
depuis l’année dernière. Je me sens perdue.
Tous les mardis, je parle avec Mohammed, en 5e, dont je suis la tutrice. Il a 12 ans, deale, sèche, ne prend pas les cours, rend copie blanche aux contrôles, est violent au collège et chez lui,
découche ou se couche vers 4 heures du matin, traîne dans la cité avec les grands de 18 ans. Son père est mort quand il avait deux ans. (Il y a beaucoup d’élèves orphelins d’un parent au collège,
la mortalité est plus importante dans le 93.)
Sa mère ne parle pas français et se déplace très rarement au collège. L’assistante sociale est au collège deux jours par semaine et il n’y a bien sûr pas de psychologue. Je me sens perdue.
Benjamin, en 5e, est un élève d’ULIS, dispositif qui prend en charge les élèves ayant de lourds handicaps cognitifs. Il a un niveau CE1 et a été intégré dans ma classe sans que je sois prévenue,
sans que je sache qui il était. Je n’ai reçu aucune formation pour faire cours à des élèves handicapés, pourtant je n’ai pas le choix. Pendant, mes cours, Alexis est totalement égaré, il s’occupe
en mangeant sa gomme. Je me sens un peu perdue.
Greg, en classe de 3e, a un mal-être profond et pense parfois au suicide. Il ne prend pas ses cours, rend copie blanche et a parfois des accès de violence extrême avec les autres et/ou lui-même,
il n’a pas de père présent. J’ai convoqué la mère à maintes reprises, elle n’est jamais venue, ne m’a jamais répondu mais signe les nombreux mots doux que je lui écris. Il n’y a toujours pas de
psychologue au collège. Il passe en conseil de prévention la semaine prochaine. Je me sens un peu perdue.
Abbes et Abdel, en 5e, ont de lourdes difficultés scolaires, ils ont du mal à prendre leur cours, à comprendre un texte écrit, à se concentrer en classe et rendent des contrôles quasi-vides, je
n’ai jamais entendu parler du père. J’ai convoqué la mère qui m’a répondu qu’il n’était pas nécessaire qu’on se voit, qu’elle allait mettre ses fils au travail dès lundi. Ça fait trois semaines
et ils ont eu 1/30 et 2/30 au dernier contrôle. Et pas un mot de la mère pour finalement me rencontrer ou se parler au téléphone. Je me sens un peu perdue.
Je pourrais poursuivre comme ça durant des pages, et toutes ces pages sont mon quotidien.
Je continue d’enseigner parce que j’y crois encore. Mais, en ce moment, je faiblis, je me sens seule dans cette société qui me prend pour une râleuse privilégiée. Même dans un entourage pas si
lointain, je crains qu’on m’écoute mais qu’au fond, on se dise que les réformes de l’enseignement sont bien nécessaires…
Alors écoutez-moi, entendez-moi et battez-vous avec moi.»
Ma réponse faite sur slater.fr le 24/11/11
Amélie
Je suis le PAPA de 04 enfants qui ont entre 20 et 10 ans.
Dans les exemples que vous nous décrivez mis à part Benjamin pour qui je n'ai pas de solutions , je comprends à vous lire que vous soyez perdue.
Mais est ce bien le gouvernement qui est responsable de vos malheurs?
A vous lire ces enfants sont perdus et vous avec!!!
Est ce la responsabilité du gouvernement ????
Que font le Papa et la Maman ???ou est la responsabilité Parentale???
Est ce votre rôle d'enseignant que de vous substituer à celui des Parents???
Sincérement, croyez vous qu'avec plus de moyens vous allez combler le manque d'un Père présent à la maison?
J'ai la chance de travailler,je suis absent de la maison 04 jours sur 05 et le WE en tant qu'élu (SE) je suis souvent pris par les obligations .
Aujourd'hui notre fils ainé avec ses soucis de dis (dispraxie disphasie etc..) il effectue un master aprés un BAC + 4, le second avec les mêmes soucis est en BAC pro et nos deux filles effectuent une scolarité normale.
Mon épouse à aussi la chance de travailler et elle n'est pourtant pas épargnée par des soucis de santé .
Or le soir nous sommes présents avec nos enfants nous communiquons nous échangeons et surtout nous nous apportons beaucoup d'Amour et de respect entre Parents et enfants.Je ne vous décrits pas la famille idéale c'est juste notre famille
Je crois que nous Parents attendons beaucoup trop des enseignants et que vous enseignants vous supportez trop de la part des patrons d'académie.
Pourquoi les technocrates et politechnocrates qui envahissent les ministeres ne se remettent pas en cause dans les recommandations qu'ils font aux ministres??
Notre société souffre de cette hierarchie parapluie .
En revanche ne pourrions nous pas faire de la politique autrement??
Il faut en finir avec cette guerre des mots entre chefs de partis ou chacun ne souhaite qu'une chose prendre le pouvoir de l'autre à tour de rôle. Aucun des partis de gouvernement ne sera capable de résoudre nos problèmes s'ils ne font pas une union sacrée sur trois domaines: la liberté l'égalité la fraternité
Cela ne vous dit rien????
Bon courage et gardez l'espoir car vous faites un métier formidable et trés souvent vous êtes des héros au quotidien pour la majorité de nos enfants .